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Tricher pour gagner
par Ox

Quand on est jeune, on nous assène que, pour réussir dans la vie, nous devons adopter et suivre un code de bonne conduite. Nous nous voyons inculquer les bienfaits de la discipline et rappeler que les personnes droites et méritantes finissent toujours par réussir. Ces concepts n'ont peut-être jamais été aussi ancrés qu'en bodybuilding. C'est enraciné en nous : ne jamais manquer une journée d'entraînement ni un repas, respecter une méthode d'entraînement stricte, ne jamais s'écarter de notre régime alimentaire, ne jamais manquer de séance cardio, etc. Et, en règle générale, le point commun des bodybuilders aguerris est la discipline.

Lorsque j'ai commencé le bodybuilding, j'étais convaincu que pour devenir le meilleur bodybuilder, je ne devais jamais manquer une séance ni m'écarter de mon régime. Même quand j'étais malade, courbaturé, épuisé, blessé ou en mauvais état, je me rendais à la salle de gym. Je me sentais mal ? J'avais la nausée ou je ne pouvais plus voir mes aliments en peinture ? Peu importe, je mangeais quand même. Si j'étais en pré-compétition, affamé, que je faisais du cardio non-stop sans être en meilleure forme, je faisais plus de cardio et je mangeais moins. Et quand mon corps me disait : « Va te faire foutre. » Je rétorquais : « Non, toi, va te faire foutre. » Après tout, il faut ce qu'il faut pour gagner, pas vrai ?

Parfois, c'est vrai. On n'accomplit rien si ce n'est dans la douleur. Pour devenir plus corpulent, plus fort et plus musclé, il faut repousser ses limites jusqu'à l'épuisement. C'est un combat dont on doit ressortir vainqueur. Mais pour gagner, il faut savoir qui on combat. La douleur, la nausée, la fatigue : voilà les ennemis. Si vous deviez interrompre chaque séance parce que ça commence à faire mal, vous n'arriveriez nulle part. Si vous ne forciez jamais au point où votre repas menace de remonter à la surface, vous ne poussez pas assez loin. Si vous ne vous êtes jamais gavé d'aliments pros et préférez manger ce que bon vous semble, vous ne savez pas ce qu'« esprit de compétition » veut dire. Alors au diable la douleur, la nausée, la fatigue et merde à la solution de facilité. Laissez ça au gars qui sortira par la petite porte en concours.

Mais lorsque votre corps vous dit « niet » et signale que quelque chose ne tourne pas rond, vous avez intérêt à sortir la tête du cul et à l'écouter. Quand je me rappelle de tout ce que je faisais étant plus jeune, je me rends compte que je n'étais pas assez lucide, j'étais juste un petit con. Qu'est-ce qu'on peut bien réussir à faire en se rendant à la salle quand on est malade ? Qui comptez-vous impressionner en prétendant que vous n'avez jamais manqué un jour d'entraînement, même malade, surmené ou blessé ? Peut-être vos compagnons d'entraînement, mais en ce qui me concerne, la physique a ses propres règles et n'a pas besoin de foutus droits. Pensez-vous m'impressionner en prétendant que vous avez passé 16 semaines à vous préparer à un concours sans jamais dévier de votre régime ? Si vous avez une tête de déterré, je serais pas impressionné. Ce qui compte, c'est si vous avez l'air en forme. C'est pas le concours de celui qui aura la plus grande gueule. Gardez ces conneries pour les potes en salle parce que ça veut vraiment dire que dalle.

En réalité, les meilleurs résultats, on les obtient en trichant. Si je suivais un programme de pré-compétition complet sans jamais tricher ni m'écarter de mon régime alimentaire, j'aurais l'air petit et dégonflé. A mon avis, il faut s'autoriser un peu de malbouffe de temps à autre en cours de régime. Moi, des cheeseburgers avec des frites ou un steak et des œufs accompagnés de pancakes s'invitent régulièrement dans mon assiette. Lorsque je suis à la diète, j'utilise la balance, le miroir et mon bon sens pour prendre la température. Si j'arrive à un stade où mon poids chute trop rapidement, au détriment de ma musculature et ma corpulence, reprendre un blanc de poulet ou une patate douce peut pas me faire de mal. Mon corps a besoin d'être retapé et de aliments riches en calories sont la solution tout indiquée.

Ça vaut aussi pour ceux qui adorent parler de leur plastique irréprochable et prétendre qu'ils ne font jamais d'écart. Dans ce cas-là, je regarde le type qui se la raconte et je me demande pourquoi il a pas l'air plus impressionnant. Bien sûr, si vous vous entraînez à la perfection et que vous atteignez votre objectif, alors félicitations. Mais la plupart des dynamophiles aguerris seront d'accord pour dire que la triche a son importance. Je suis partisan de la rigueur, mais quand on vient de faire 10 séries et que la différence entre s'arrêter là et en rajouter une ou deux ne tient qu'à un petit écart, alors faut croire que tricher va dans votre sens.

Enfin, si je devais choisir un dernier cas de figure, ce serait sans aucun doute les gars qui se targuent de ne jamais rater un jour d'entraînement. Ah oui ? Pas une journée ? Je mettrais ma main à couper que si vous vous cassez le cul en salle et à l'entraînement au point où vous pouvez plus marcher sans pousser de gémissements, votre corps vous suppliera de prendre un jour de repos. Alors, allez-y, prenez la journée. Vous vous sentirez mieux après. Mais seulement si vous en avez besoin. Je ne parle pas d'être fatigué, de ne pas avoir envie ou d'avoir autre chose à faire. Tout ça, ça compte pas. Je veux dire, si vous êtes au bord du surmenage et qu'aller à l'entraînement exige un effort surhumain qui menace de vous faire craquer. Prenez cette foutue journée, direct.

Quand j'étais jeune et ingénu, je croyais qu'en suivant aveuglément le programme que je m'étais fixé, je réussirais forcément. Maintenant que j'ai plus d'expérience sous le coude, je sais qu'appliquer un programme à la lettre ne peut que mener à l'échec. On prend des décisions chaque minute, chaque jour, chaque séance, chaque série selon ce qu'il y a à faire sur le moment. Je crie « Va te faire foutre » à la douleur, à la fatigue et à tout ce qui peut m'empêcher de me sortir les tripes pour réussir. Mais quand mon corps m'indique qu'il est préférable de faire un écart, je l'écoute.

 

 

 

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