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Sans limites
par Ox

Chaque fois qu'on met les pieds en salle de musculation, un dialogue intérieur anime nos pensées. On se pose des questions sur la séance d'entraînement à venir, les exercices qu'il va falloir faire et l'ordre dans lequel il va falloir les faire. Et en particulier, on est forcé de déterminer quelque chose que l'on peut considérer comme encore plus important, à savoir : quand s'arrêter... quand cesser d'ajouter de la fonte et quand arrêter de faire des répétitions. À première vue, on pourrait considérer que la question est assez simple : on s'arrête tout simplement quand on ne peut plus continuer. On soulève autant de fonte que possible et on fait autant de répétitions que possible et ensuite on s'arrête. Mais en réalité, on se fixe carrément tout ce bordel à l'avance. On commence une séance d'entraînement avec l'idée de faire tant d'exercices et tant de répétitions par exercice… et bla bla bla de merde…. On s'imagine tous aller en salle de musculation et faire des percées décisives. On veut faire des progrès ; c'est tout ce qu'on demande. C'est ce qui nous pousse à continuer.

Et si la prochaine fois que vous allez en salle de musculation, vous vous disiez « Et puis merde » et que vous vous débarrassiez de tout ce programme... que vous vous arrêtiez de compter les répétitions… plus de nombre minimum ou maximum de séries. Imaginez que c'est un jour d'entraînement du dos et que la seule chose que vous vouliez faire c'est des soulevés de terre. Auriez-vous tort de faire 10 séries de soulevés de terre et de vous tirer ? Et si c'était le contraire et que vous vouliez vous défoncer à cœur joie et faire 7 genres d'exercices différents ? Peut-être un superset par-ci et des séries dégressives par-là. L'important c'est de faire ce que vous voulez. Y a pas de règles. Vous partez quand vous voulez partir et vous vous arrêtez quand vous voulez vous arrêter. Ça suppose évidemment que vous soyez sûr d'avoir le cran et la volonté de ne jamais faire moins que le nécessaire.

Mais vous savez ce que je pense ? Je pense que vous avez la trouille. Je pense que vous avez besoin que quelqu'un vous dise ce qu'il faut faire, ce que vous devez penser et ce que vous devez ressentir. Je pense que quand quelqu'un vous dit de faire x, y et z, ça vous réconforte. Le fin mot, c'est que vous n'avez pas les couilles de ne compter que sur vous-même. Si vous voulez la moindre chance de réussir dans ce monde, faut que vous ayez du cran et que vous appreniez à défendre vos convictions. Combien de fois avez-vous fait quelque chose simplement parce que quelqu'un d'autre le faisait ? Pourquoi ? Pourquoi êtes-vous si empressé de croire que quelqu'un en sait plus que vous ? Ayez-confiance en vous-même, putain !

N'avez-vous jamais eu l'impression que votre rigidité vous portait tort ? Me dites pas que vous ne vous êtes jamais arrêté après quatre séries d'un exercice, tout en sachant au fond de vous-même que vous veniez à peine de lancer la machine. Et au lieu d'en faire plus, vous êtes passé à l'exercice suivant. Dans le même genre, j'ai vu des gars s'arrêter après un certain nombre de reps. Pourquoi faire une connerie comme ça ? Vous pouvez faire 14 répétitions mais vous vous arrêtez à 12 parce vous avez lu que le nombre optimal de reps pour la croissance musculaire est de 8 à 12. Faut pas déconner, non.

Au lieu d'entamer une séance d'entraînement avec un ensemble d'exercices, de séries et de répétitions fixé à l'avance, pourquoi ne pas essayer quelque chose de différent ? Comment voulez-vous vous dépasser et briser toutes les barrières quand vous vous-même érigez constamment de nouveaux obstacles ? Arrêtez de vous limiter à certains types d'exercices et à un certain nombre de répétitions. Faites autant de séries qu'il vous semble bon. Et puis, si vous êtes en mesure physiquement de faire une autre rep, vous avez intérêt à la faire.

Dans le film « Magnum Force » de 1973, Clint Eastwood joue le rôle de l'inspecteur de police Harry « le Charognard » Callahan (Dirty Harry), un dur à cuire. Il subit une énorme pression de la part de ses supérieurs du fait de ses tactiques jusqu'au-boutistes qui laissent beaucoup à désirer mais qui sont cependant d'une efficacité infaillible. Et à un moment donné, Harry s'entretient avec son supérieur, le lieutenant Briggs :

Inspecteur Harry Callahan : Je veille sur la ville, Briggs.
Lieutenant Briggs : Moi aussi, et depuis plus longtemps que vous. Et je n'ai jamais sorti mon arme. J'en suis fier !
Inspecteur Harry Callahan : Vous êtes un homme sage, Lieutenant. L'homme sage est celui qui connaît ses limites.

Quand on regarde la scène, on se rend compte que le commentaire de Harry est en fait lourd de sarcasme. Le sens réel de ses paroles, c'est que le lieutenant n'a jamais eu les tripes pour faire ce qui était nécessaire. Par contraste, il est clair, de par son style impitoyable et sa mentalité « tous les coups sont permis », que Harry, lui, rejette toute notion de limite.

La question que je voudrais vous poser est donc la suivante : Comment comptez-vous accomplir quoi que ce soit quand vous fixez dès le départ ce que vous n'allez pas faire ? Connaître ses limites ? Le simple fait de considérer une telle idée constitue un carton jaune d'emblée. Il est absurde de s'imaginer qu'on peut aller plus loin que les autres quand on s'impose des limites.

 

 

 

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